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Que les communautez monastiques n'ont pas esté établies pour estre des academies de science, mais de vertu ; et que l'on n'y a fait estat des sciences, qu'entant qu'elles pouvoient contribuer à la perfection religieuse. c'est une illusion de certaines gens, qui ont écrit dans le siecle precedent, que les monasteres n'avoient esté d'abord établis que pour servir d'écoles et d'academies publiques, ou l'on faisoit profession d'enseigner les sciences humaines. Pour peu que l'on soit versé dans la connoissance de l'antiquité, on découvrira aisément la fausseté de cette supposition imaginaire ; et on sera persuadé au contraire, que ç'a esté l'amour de la retraitte et de la vertu, et non des sciences ; le mépris des choses du monde et la fuite de sa corruption, qui ont donné occasion à ces saints établissemens. En un mot que ç'a esté le desir de suivre Jesus-Christ en abandonnant toutes ces choses, et que ces paroles de S Pierre que nous lisons dans l'evangile, Tant s'en faut que le desir d'acquerir les sciences humaines ait esté le motif que l'on a eu d'abord dans l'établissement des communautez religieuses, on peut assurer au contraire que ces sciences mesmes ont esté comprises dans le mépris que l'on y faisoit de toutes choses. S Gregoire De Nazianze nous l'apprend, lorsqu'il marque les raisons qui le porterent, aussi bien que S Basile, à se retirer dans la solitude de Pont avec les saints moines qui y faisoient leur demeure. J'ay consacré à Dieu, dit ce grand homme, etc. Il ne faut pas croire neanmoins qu'il ait compris dans ce mépris l'étude des saintes ecritures : au contraire on doit dire qu'un des motifs de sa retraitte, fut de s'y appliquer entierement ; et il nous assure luy-mesme que cette application luy causa un extrême dégoust des livres profanes, pour lesquels il avoit eu auparavant tant d'inclination. Ce mépris des auteurs profanes n'estoit pas particulier à ceux qui s'engageoient à la profession religieuse ; il estoit commun pour lors à tous les ecclesiastiques. D'où vient que S Gregoire De Nysse estant passé du rang des laïques à l'état ecclesiastique, et ayant quitté la fonction de lecteur, qu'il avoit exercée quelque temps dans l'eglise, pour s'appliquer à l'étude de la rhetorique, ce changement parut si extraordinaire et si scandaleux, que tout le monde en murmura comme d'une conduite non seulement honteuse pour luy, mais pour tout l'ordre ecclesiastique et pour toute la religion. C'est ce que S Gregoire De Nazianze luy representa vivement dans une lettre qu'il luy écrivit sur ce sujet. Tout le monde sçait ce que S Gregoire Le Grand a écrit sur cette matiere à Didier evesque de Vienne. |
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