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Justine, ou Les malheurs de la vertu eBooks

by Marquis de Sade


Justine, ou Les malheurs de la vertu - Adobe eBook

Justine, ou Les malheurs de la vertu eBook

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Justine, ou Les malheurs de la vertu - Microsoft Reader eBook

Justine, ou Les malheurs de la vertu eBook

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Justine, ou Les malheurs de la vertu - Mobipocket eBook

Justine, ou Les malheurs de la vertu eBook

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Justine, ou Les malheurs de la vertu Summary

La prosp?rit? du crime est comme la foudre, dont tous les feux trompeurs n'embellissent un instant l'atmosph?re, que pour pr?cipiter dans les ab?mes de la mort, le malheureux qu'ils ont ?bloui.

Juliette employant d'autres ressources, dit alors à sa soeur, qu'avec l'âge et la figure qu'elles avaient l'une et l'autre, il était impossible qu'elles mourussent de faim. Elle lui cita la fille de leurs voisines, qui s'étant échappée de la maison paternelle, était aujourd'hui richement entretenue et bien plus heureuse, sans doute, que si elle fut restée dans le sein de sa famille; qu'il fallait bien se garder de croire que ce fût le mariage qui rendît une jeune fille heureuse; que captive sous les lois de l'hymen, elle avait, avec beaucoup d'humeur à souffrir, une très légère dose de plaisirs à attendre; au lieu que, livrées au libertinage, elles pourraient toujours se garantir de l'humeur des amants, ou s'en consoler par leur nombre.

Justine eut horreur de ces discours; elle dit qu'elle préférait la mort à l'ignominie, et quelques nouvelles instances que lui fit sa soeur, elle refusa constamment de loger avec elle, dès qu'elle la vit déterminée à une conduite qui la faisait frémir.

Les deux jeunes filles se séparèrent donc, sans aucune promesse de se revoir, dès que leurs intentions se trouvaient si différentes. Juliette, qui allait, prétendait-elle, devenir une grande dame, consentirait-elle à recevoir une petite fille dont les inclinations vertueuses mais basses, seraient capables de la déshonorer? Et de son côté, Justine voudrait-elle risquer ses moeurs dans la société d'une créature perverse qui allait devenir victime de la crapule et de la débauche publique. Toutes deux se firent donc un éternel adieu, et toutes deux quittèrent le couvent dès le lendemain.

Justine caressée lors de son enfance par la couturière de sa mère, croit que cette femme sera sensible à son malheur; elle va la trouver, elle lui fait part de ses infortunes, elle lui demande de l'ouvrage... à peine la reconnaît-on; elle est renvoyée durement.

- Oh ciel! Dit cette pauvre créature; faut-il que les premiers pas que je fais dans le monde soient déjà marqués par des chagrins! Cette femme m'aimait autrefois, pourquoi me rejette-t-on aujourd'hui?

Hélas! C'est que je suis orpheline et pauvre: c'est que je n'ai plus de ressources dans le monde, et que l'on n'estime les gens qu'en raison des secours et des agréments que l'on s'imagine en recevoir. Justine en larmes, va trouver son curé; elle lui peint son état avec l'énergique candeur de son âge... elle était en petit fourreau blanc; ses beaux cheveux négligemment repliés sous un grand bonnet; sa gorge à peine indiquée, cachée sous deux ou trois aunes de gaze; sa jolie mine un peu pâle à cause des chagrins qui la dévoraient, quelques larmes roulaient dans ses yeux et leur prêtaient encore plus d'expression.

- Vous me voyez, monsieur, dit-elle au saint ecclésiastique... oui, vous me voyez dans une position bien affligeante pour une jeune fille; j'ai perdu mon père et ma mère... le ciel me les enlève à l'âge où j'avais le plus besoin de leur secours... ils sont morts ruinés, monsieur; nous n'avons plus rien. Voilà tout ce qu'ils m'ont laissé, continua-t-elle, en montrant ses douze louis... et pas un coin pour reposer ma pauvre tête... vous aurez pitié de moi, n'est-ce pas, monsieur! Vous êtes le ministre de la religion et la religion fut toujours la vertu de mon coeur; au nom de ce Dieu que j'adore et dont vous êtes l'organe, dites-moi, comme un second père, ce qu'il faut que je fasse... ce qu'il faut que je devienne?




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